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Sommes-nous en règle avec les équipements de bord ?

6 juillet 2026
skipper-à-bord-vérifie-les-équipements-de-bord-avant-la-navigation

La saison nautique battant son plein, il est temps de procéder à un inventaire rigoureux de votre bateau. La transition vers les nouvelles règles de sécurité est désormais définitivement achevée : voici comment naviguer l’esprit tranquille, en évitant les sanctions et en garantissant une protection maximale à l’équipage.

Le large offre un sentiment de liberté inégalé, mais tout chef de bord sait que la véritable sérénité découle d’une préparation méticuleuse. Que vous prépariez une croisière estivale ou une simple sortie à la journée le long de nos côtes, un détail fondamental mérite votre attention immédiate : la finalisation de la réforme législative sur les équipements de sécurité.

Ce processus de renouvellement, initié par le décret n° 133 (le règlement d’application du Code de la Nautique qui a remplacé l’ancienne réglementation de 2008), est désormais pleinement opérationnel. La dernière période de tolérance accordée pour la mise en conformité de certains dispositifs étant révolue. Tous les plaisanciers battant pavillon italien doivent naviguer en totale conformité avec les nouvelles règles.

La philosophie du législateur repose sur une double approche. D’un côté, elle implique une sévérité accrue et une forte impulsion vers l’innovation technologique pour élever les standards de survie en mer. De l’autre, elle suit une logique de flexibilité et de simplification permettant d’optimiser le poids, l’encombrement et le budget. Voyons, chapitre par chapitre, comment effectuer un bilan parfait pour votre embarcation.

gilet-de-sauvetage-avec-lumière-et-numéro-d-immatriculation-du-bateau

Gilets de sauvetage : adieu aux anciennes « ceintures » et traçabilité totale

Les équipements individuels de flottabilité classiques changent de visage et, surtout, de nom. Le terme générique de « ceinture de sauvetage » disparaît officiellement au profit de l’appellation plus correcte de gilet de sauvetage. Les nouveautés majeures concernent toutefois leur gestion à bord :

Identification unique : Chaque gilet doit désormais mentionner clairement sa durée de validité établie par le fabricant. De plus, l’armateur est tenu d’inscrire sur le dispositif l’immatriculation du bateau ou le numéro d’enregistrement numérique (ATCN). Par conséquent, le transfert occasionnel de gilets d’un bateau à un autre n’est plus possible.

Feu à percussion automatique : Pour toute navigation au-delà de 6 milles de la côte, chaque gilet à bord (qu’il soit en mousse ou gonflable) doit obligatoirement intégrer une lumière qui s’active au contact de l’eau.

Obligation de port : La loi intervient également dans les habitudes des marins. Le gilet doit toujours être porté lors des navigations nocturnes en solitaire. L’obligation de porter une aide à la flottabilité, minimum 50 Newtons, devient également permanente pour les dériveurs, quelle que soit la distance de la plage. Elle s’aligne ainsi sur ce qui est déjà prévu pour les jet-skis, le windsurf et le kitesurf.

Instrumentation et sécurité pour la navigation au-delà de 6 et 12 milles

À mesure que l’on s’éloigne de la côte, le niveau d’exigence en matière de prévention augmente. Si vos plans de navigation prévoient des routes hauturières ou des traversées, assurez-vous d’avoir intégré ces éléments :

Au-delà de 6 milles. Il devient obligatoire de détenir à bord la Table des Signaux Visuels (Colreg), utile pour la reconnaissance diurne et nocturne des feux et des signaux d’abordage. L’obligation de posséder une horloge à bord est abaissée de 12 à 6 milles. Pour les seuls voiliers, il est également obligatoire de disposer d’au moins un harnais de sécurité avec une ligne de vie homologuée ISO/CE.

équipage-à-bord-avec-gilets-de-sauvetage-tableau-des-signaux-visuels-et-sondeur

Au-delà de 12 milles. L’équipement doit s’enrichir d’un écho-sondeur (électronique ou manuel, à condition que ce dernier puisse mesurer une profondeur d’au moins 20 mètres). Pour les voiliers, le nombre minimal de harnais de sécurité passe à deux.

Note pour la location. Si vous utilisez une unité de location, les règles sont encore plus strictes. L’écho-sondeur doit toujours être présent à bord, quelle que soit la distance de la côte, et s’il est de type manuel, sa ligne doit mesurer au moins 25 mètres.

Radeaux et annexes : plus d’espace à bord grâce aux simplifications

C’est peut-être le domaine où le plaisancier bénéficie des plus grands avantages pratiques, grâce au principe d’équivalence des dispositifs :

radeau-côtier-annexe-et-dispositifs-d-urgence-parmi-les-équipements-de-bord

Le tournant de la zone SAR : Les personnes naviguant au-delà de 12 milles peuvent opter pour un radeau côtier, plus léger et plus économique, au lieu d’un volumineux radeau hauturier. Elles doivent toutefois rester dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR) sous juridiction italienne. La seule condition est de disposer à bord d’un système de localisation actif. Il peut s’agir d’une balise EPIRB ou d’un téléphone satellite configuré pour les appels d’urgence vers les secours

L’annexe à la place du radeau : Jusqu’à 12 milles de la côte, le radeau côtier peut être remplacé par l’embarcation de service (annexe). L’annexe doit être marquée CE, conforme aux normes UNI EN ISO 6185, mesurer au moins 2,5 mètres de long, être prête au lancement immédiat sur le pont (gonflée et à l’endroit) et équipée d’une échelle de remontée ainsi que du kit de survie officiel prévu pour les radeaux de capacité équivalente.

annexe-avec-extincteur-et-kit-de-survie-pour-la-sécurité-en-mer

Exemption pour les bateaux pneumatiques : Les propriétaires de semi-rigides et de bateaux pneumatiques (à condition qu’ils possèdent un marquage CE en catégorie A, B ou C) naviguant à moins de 12 milles sont totalement exemptés de l’obligation de radeau. Ils doivent cependant conserver à bord un extincteur supplémentaire et le kit de survie scellé, qui comprend des équipements minimaux tels que de l’eau potable, une lampe torche étanche, un sifflet, des pagaies et du matériel de réparation.

Signaux de détresse et détails côtiers : ce qui change près de la terre

Même pour ceux qui préfèrent les sorties à la journée et les baignades dans les criques, des changements substantiels sont à enregistrer dans le journal de bord.

La boule noire de mouillage : Elle devient obligatoire pour toutes les embarcations de plus de 7 mètres de longueur qui s’ancrent à plus de 300 mètres de la rive. Un signal visuel fondamental pour indiquer l’état d’arrêt aux autres unités en transit.

Bouée couronne et signaux sonores : La bouée couronne munie d’un filin devient obligatoire uniquement après avoir dépassé le premier mille de la côte (auparavant, le seuil était de 300 mètres). En ce qui concerne les signaux sonores, les anciens avertisseurs sont redéfinis. Pour les unités de plus de 12 mètres, la réglementation exige « sifflet et cloche » au-delà d’un mille de la côte. La cloche peut toutefois être remplacée par un dispositif acoustique portable équivalent

skipper-vérifie-la-cloche-et-le-signal-sonore-pendant-le-check-up-du-bateau

Simplification des feux : Les kits de signaux fumigènes et de fusées ont été simplifiés en seulement trois packs standardisés (jusqu’à 3 milles, jusqu’à 50 milles et sans limites). De plus, la voie est ouverte à l’utilisation de feux électroniques à LED modernes certifiés Solas Med en remplacement des traditionnels feux à main pyrotechniques. Ces dispositifs sont nettement plus sûrs à manipuler. Ils sont également exempts de problèmes liés à la date de péremption courte et à l’élimination des matières dangereuses.

Équipements recommandés et responsabilité du chef de bord

Pour la première fois, le législateur ne se contente pas d’imposer des minima légaux, mais dresse une liste officielle d’équipements recommandés. Il ne s’agit pas d’obligations directement sanctionnables lors d’un contrôle de routine, mais leur absence peut peser lourdement en termes de responsabilité juridique.

Parmi les accessoires vivement conseillés figurent :

  • Au moins quatre amarres et une ligne de remorquage adéquate.
  • Une seconde ancre de respect pour la navigation hauturière.
  • Des systèmes de localisation et d’alarme pour l’homme à la mer (MOB) et un compas magnétique de secours si le principal est électronique.
  • Pour les voiliers au-delà de 50 milles : coupe-haubans, chaise de calfat (banzigo), antenne VHF de secours et ancre flottante.

La raison pour laquelle il ne faut pas sous-estimer cette liste réside dans la reformulation du concept de Responsabilité du Chef de Bord. Le texte réglementaire spécifie que le skipper a le devoir d’équiper le bateau avec tout le matériel nécessaire en fonction des conditions météo-marines réelles et de la distance des ports sûrs, en précisant qu’il doit le faire « y compris en ayant recours aux équipements recommandés ». En cas de sinistre ou d’imprévu, le choix d’avoir ignoré ces suggestions formelles pourrait constituer une faute grave lors d’une expertise judiciaire.

Avant de larguer les amarres pour les vacances, consacrez une après-midi à ce bilan : naviguer informé et protégé est le premier pas pour profiter pleinement de la mer.

Pour d’autres conseils sur la sécurité, la prévention et une navigation responsable, continuez à suivre The Marine Blog

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