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Comment les «crash boxes» empêchent la coque de couler

30 avril 2025
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Issus de la marine marchande, les «crash boxes» sont aujourd’hui installés sur les yachts de plaisance, comme le Stem 50, et sont obligatoires sur certains bateaux de course au large. Voyons ce qu’ils sont et comment ils préservent la coque du risque de naufrage suite à une collision.

En navigation, le risque de collision avec d’autres navires, des rochers, des hauts fonds, mais aussi des objets et débris dérivants est très sérieux et concret. Les statistiques de ces dernières années font état d’une augmentation progressive des collisions en mer. Cela malgré toute la technologie installée à bord et les instruments de navigation de plus en plus précis, tels que les systèmes Gps, Radar, Ais, etc. Il s’agit d’un problème qui concerne principalement les zones à fort trafic maritime. Cependant, il touche aussi les zones maritimes plus éloignées. Cela se manifeste, par exemple, par les incidents systématiques lors des courses océaniques et des tours du monde.

Les collisions avec des objets flottants et les grands cétacés

Les collisions avec des conteneurs dangereux perdus par les cargos lors de tempêtes sont également en augmentation. Ces grands conteneurs en acier d’une longueur de 6 à 12 mètres ne sont presque jamais récupérés en mer et flottent à la surface de l’eau. Ils sont très difficiles à identifier pour les skippers et les capitaines. Dernièrement, les grands cétacés tels que les orques et les baleines représentent également un risque sérieux de collision. Il suffit de penser aux dizaines d’épisodes rapportés dans les chroniques où des coques ont même été attaquées et coulées par des bancs de ces géants des mers.

L’un des secteurs les plus touchés est sans aucun doute le détroit de Gibraltar, où plusieurs incidents se sont produits. L’un des plus marquants a eu lieu en juillet 2024, lorsque le yacht britannique Bonhomme William a été coulé par un groupe d’orques. Comme le rapporte The Times, l’équipage, composé de trois personnes, a été secouru par les garde-côtes espagnols.

Sécurité contre les collisions et les accidents en mer

C’est pourquoi les concepteurs et les chantiers navals s’efforcent de construire des navires capables de résister aux chocs et aux collisions. Ils les équipent de solutions techniques qui, même en cas de collision et de voies d’eau ouvertes à bord, permettent aux coques de continuer à flotter, voire à naviguer. Il s’agit par exemple des «crash boxes» qui augmentent considérablement la sécurité des coques. Utilisés à l’origine par les navires de transport de passagers et les navires commerciaux, ces dispositifs sont depuis quelques années de plus en plus présents à bord des yachts de plaisance. Le Stem 50 en est un exemple. Ils sont même obligatoires sur certains bateaux de croisière à cabine qui participent à des courses océaniques et à des courses autour du monde, quelle que soit la longueur de la coque.

schéma-graphique-de-la-crash-box-de-la-cloison-étanche

Voyons donc ce que sont exactement les crash boxes, pourquoi ils sont appelés ainsi, où ils sont installés à bord et pourquoi ils sont si importants pour la sécurité des équipages en cas de collisions, de fuites et d’accidents de coque.

Comment les bateaux et les navires flottent-ils?

Pour qu’un navire ou un yacht conserve son équilibre hydrostatique, le poids de la masse d’eau déplacée doit être égal au poids du navire. C’est pourquoi les navires ont un poids et une stabilité de forme optimisés. Cela reste valable même lorsque la masse totale augmente. Par exemple lors du chargement de l’équipage, de l’équipement, etc.

Que se passe-t-il cependant si le poids du navire augmente en raison d’une entrée accidentelle d’eau par une fuite? Si le poids supplémentaire de la masse d’eau n’est pas compensé par une augmentation de la flottabilité, le risque est de couler.

voilier-coulé-près-de-l-entrée-du-port-de-Crescent-City

Éviter à tout prix les brèches dans la coque

Pour éviter ce type d’accident, il existe des mesures préventives, telles que la prudence et la vigilance de l’équipage, les quarts de veille et les systèmes technologiques anticollision. Il existe également des manœuvres d’urgence qui peuvent être mises en place après l’accident. Par exemple, on peut tenter de colmater les voies d’eau dans la coque. Cela peut être fait à l’aide de cales de lestage spéciales, de mastic époxy à prise rapide, etc.

Toutefois, comme le risque de collision en mer reste constant, pour éviter de couler, il est possible d’installer dans la coque ce que l’on appelle des «crash boxes». Les «crash boxes» sont en fait des cloisons étanches qui créent des zones scellées séparées du reste de la coque. Lorsque ces sections prennent l’eau à la suite d’un choc violent avec des rochers ou d’une collision, la cloison étanche empêche l’eau d’atteindre les autres parties de la coque. De cette manière, le bateau continue à flotter en toute sécurité et même à naviguer.

intérieur-en-construction-du-Stem-12-Fire-Rescue

L’idée des «crash boxes» vient de ce que l’on appelle la « compartimentation » utilisée à bord des grands navires de passagers et de marchandises. Les cloisons étanches, ou compartiments, ont été introduites par la loi dans la structure des coques à la fin du 19e siècle. Cela a été fait par la loi, accompagnée d’un «corpus» de règlements et de conventions internationales. Ces règles visant précisément à réglementer les différents aspects de la sécurité de la navigation. Progressivement, cette législation a évolué et s’est enrichie au fil du temps, après diverses expériences, y compris dramatiques, dont le célèbre naufrage du «Titanic».

Le naufrage de la sécurité des «crash boxes»

Aujourd’hui, les crash boxes sont des équipements obligatoires à bord de certains monotypes de course au large, comme la classe Imoca qui participe au Vendée Globe (course autour du monde en solitaire et sans escale), ou des Class 40.

carène-du-bateau-crédits-photo-imoca

Ils peuvent être installés à différents endroits de la coque, à l’avant et à l’arrière, et sont également présents à bord des bateaux de croisière, y compris les catamarans. Elles sont généralement munies d’un hublot installé sur la cloison elle-même, qui permet de vérifier l’intérieur de l’aire étanche, et peuvent également abriter des matériaux, du matériel et de l’équipement.

hublot-monté-sur-la-cloison-pour-l-inspection-de-la-zone-étanche

Les «crash boxes» diffèrent des « réserves de flottabilité ». Ces dernières sont également très courantes et obligatoires sur les Imoca, les Class 40 et les Mini 6.50, par exemple. Les «réserves de flottabilité» sont des parties de la coque remplies d’une mousse de polyuréthane spéciale. Cette mousse a des cellules étroites et est très flottante. Elle empêche le bateau de couler en cas de chocs et de collisions. Ces parties absorbent essentiellement l’impact et peuvent même être détruites sans affecter la flottabilité du bateau. Selon les différents règlements de classe, elles doivent être numérotées, identifiables et installées à des endroits précis de la coque.

Des crash boxes sont également installés sur le Stem 50

Parmi la dernière génération de yachts de plaisance à bord desquels des crash boxes sont installés, on trouve le Stem 50 du chantier italien Stem Marine. Ce voilier de croisière de 15 mètres en aluminium destiné à la haute mer a été conçu par l’architecte naval français Nicolas Purnu et comporte pas moins de deux «crash boxes» insérés à l’avant et à l’arrière, comme sur les meilleurs voiliers de croisière de haute mer.

crash-box-positionnés-à-la-proue-et-à-la-poupe-du-Stem50

Une solution expressément dédiée à la sécurité du bateau a été mise en place. Elle complète la construction en aluminium, un métal extrêmement solide qui résiste déjà aux chocs et aux collisions. Le bateau possède également d’autres caractéristiques, comme la quille et les gouvernails usinés dans la masse. Cela leur confère une résistance extraordinaire même en cas de collision. Les concepteurs ont notamment apporté un soin particulier à l’étanchéité et à la résistance aux collisions de tous les passages de cloisons. Ces passages concernent les systèmes électriques, d’eau, de chauffage et surtout de ventilation des moteurs.

En effet, la sécurité de la coque est un principe que Stem Marine applique à tous ses bateaux. Sur les navires de sauvetage, de lutte contre l’incendie et de patrouille, par exemple, des cloisons anticollision spéciales sont installées.

En conclusion, pour tous ceux qui naviguent, pouvoir compter sur une coque anticollision est une grande garantie de sécurité. Les «crash boxes» installés sur la coque à cet égard sont un excellent compagnon de voyage. Cependant, ce qui ne doit jamais vraiment manquer à bord, c’est la prudence et la conscience des risques.

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